La chasse aux clandestins est ouverte à Zeebrugge. Le moment de l'ouverture de cette chasse laisse présager le pire.
Les 3 et 4 novembre, la police a expulsé plus d'une centaine de réfugiés
d'un squat à Zeebrugge. L'immeuble squatté, un restaurant laissé
à l'abandon, abritait des réfugiés qui essayaient d'atteindre
la côte anglaise.
Depuis la fermeture du centre d'accueil de Sangatte (FR), l'immeuble squatté,
qui était vide depuis longtemps, était devenu un abri pour les
réfugiés qui longent la côte ouest de l'Europe à
la recherche d'un endroit adéquat pour atteindre le pays de leurs rêves.
Les réfugiés se cachaient dans l'immeuble dans l'attente de la
périlleuse traversée.
Tout à coup, la police a décidé d'intervenir contre le
refuge. La raison de cette intervention pourrait se trouver en partie dans l'accord
gouvernemental, où la chasse aux immigrés clandestins a été
consacrée comme une priorité dans la politique d'asile, mais il
est plus probable - et plus alarmant - que le reportage de Telefacts, annoncé
de manière tapageuse par la chaîne commerciale flamande, ait fait
office de pavé dans la mare. Dans ce reportage, les réfugiés
montraient dans quelles conditions indignes ils se cachaient jusqu'à
la tombée de la nuit.
Le reportage a augmenté la pression sur la police - qui avait jusqu'alors
toléré le squat - pour qu'elle intervienne de manière répressive.
Il fallait mettre un terme à la politique de tolérance et démolir
l'immeuble. Officiellement, cette mesure a été prise pour faire
comprendre aux réfugiés qu'ils ne peuvent pas rester ici.
Mais cette approche pose de sérieuses questions. D'une part, l'immeuble
est évacué à l'approche de l'hiver. Les réfugiés
en sont maintenant réduits à errer dans la zone portuaire, exposés
aux rudes conditions climatiques. D'autre part, la police sait qu'il n'y a pas
de capacités d'accueil dans les centres ouverts ou fermés, et
que la grande majorité des réfugiés se retrouvent à
la rue dès le lendemain, avec un ordre de quitter le territoire dans
les 5 jours.
Il est clair que la démolition de l'immeuble squatté n'est qu'une
bouffonnerie des pouvoirs publics pour faire croire, notamment sous la pression
de partis de droite comme le Vlaams Blok et le VLD, qu'une «politique
d'asile» est réellement menée.
Et ça n'a pas l'air de déranger les autorités belges que
cette farce se joue aux dépens des réfugiés et des droits
humains les plus élémentaires.
Plus d'informations au sujet des réfugiés et des actions autour
du droit d'asile sur le site (en néerlandais) du VAK: http://www.vluchtelingenaktiekomitee.tk